Mallarmé

Publié le 30 Septembre 2008

Je vais vous laisser relire ou découvrir trois poèmes de Mallarmé que j'apprécie particulièrement.
Le premier est celui qui me fascine le plus et ce depuis que je suis ado. Cette façon qu'il a de parlé d'un naufrage est pour le moins bien singulière pour ne pas dire énigmatique. Pour moi, il était en quelque sorte le Picasso de la poésie.
Je mettrai sous ce fameux poème une traduction qui permettra sans doute de l'apprécier davantage en le relisant par la suite, et juste en dessous je vous mettrai deux de ces poèmes d'amour.

A la nue accablante tu
Basse de basalte et de laves
A meme les échos esclaves
Par une trompe sans vertu

Quel sépucral naufrage (tu
Le sais, écume, mais y baves)
Supreme une entre les épaves
Abolit le mat dévetu

Ou cela que furibond faute
De quelque perdition haute
Tout l'abime vain éployé

Dans le si blanc cheveu qui traine
Avarement aura noyé
Le flanc enfant d'une sirène.



Traduction du poème par Alain Badiou:

Quel naufrage a donc englouti jusqu'au mat, voiles arrachées, qui était l'ultime débris d'un navire? L'écume qu'on voit sur la mer, trace de cette catastrophe, le sait, mais n'en dit rien. La trompe du navire, qui aurait pu nous renseigner, ne s'est pas fait entendre, impuissante, sur ce ciel bas et cette mer sombre, couleur de roche volcanique, qui emprisonne l'écho possible de l'appel de détresse. (il s'agit des 2 premiers quatrains).
A moins que, en réalité, furieux de n'avoir eu aucun navire à faire disparaitre, l'abime (mer et ciel) ait englouti une sirene,dont l'écume blanche ne serait plus que le cheveu.


Les deux poèmes d'amour écris par Mallarmé:


Soupir

Mon ame vers ton front où reve, o calme soeur,
Un automne jonché de taches de rousseur,
Et vers le ciel errant de ton oeil angélique
Monte, comme dans un jardin mélancolique,
Fidèle, un blanc jet d'eau soupire vers l'Azur!
- Vers l'Azur attendri d'Octobre pale et pur
Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie
Et laisse, sur l'eau morte où la fauve agonie
Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
Se trainer le soleil jaune d'un long rayon.


Tristesse d'été

Le soleil, sur le sable, o lutteuse endormie,
En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et consumant l'encens sur ta joue ennemie,
Il mele avec les pleurs un breuvage amoureux.

De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie
T'as fait dire, attristée, o mes baisers peureux,
" Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l'antique désert et les palmiers heureux!"

Mais ta chevelure est une rivière tiède,
Où noyer sans frissons l'ame qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas!

Je gouterai le fard pleuré par tes paupières,
Pour voir s'il sait donner au coeur que tu frappas
L'insensibilité de l'azur et des pierres.


Stéphane Mallarmé






Rédigé par Roxane

Publié dans #Blabla

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lilive 11/02/2009 23:46

je comprend que se soit tes prefere car c tres jolie

lilive 11/02/2009 23:46

je comprend que se soit tes prefere car c tres jolie